15/04/2004

chapitre 60

Debroux qui ne sortait jamais, avait invité Lou Berkeley à marcher autour de la clinique. Ils avaient emprunté un chemin bas qui menait au bajoyer d'une rivière. Arrivés au bord de l'eau, ils avaient eu un temps pour se regarder longuement.

 

Je ne savais pas qu'une rivière coulait ici.

 

Il faut que je t'avoue. J'ai fait des découvertes.

Dis-moi.

J'ai regardé scrupuleusement mais je n'étais pas sûr de voir.

Lou Berkeley avait essayé de rentrer dans la confidence. Debroux était déjà parti loin dans sa deuxième façon de voir. Elle avait demandé :

Qu'est-ce que tu regardais et que tu n'as pas vu ?

Debroux avait fait un signe de la main. Il avait dit :

Il faut que je veille à ce que je raconte.

Puis il avait dit encore :

La mort de mes parents ? J'ai pu parler à un ami que j'ai ici de l'accident de mes parents. J'étais là tout à coup. C'est comme si j'avais pu tout lui dire.

Alors ?

Alors je me demande ce qui, jusqu'ici, avait pu m'empêcher de parler.

 

Regarde !

 

Il avait fait un geste ample de la main pour désigner la rivière.

 

Cette rivière coule comme le ciel.

 

Il avait dit encore :

Tout nous rejoint. Tout nous attaque. J'en veux à tout.

17:57 Écrit par cbj | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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