14/04/2004

chapitre 59

Léo Paul Debroux avait les yeux perdus. On aurait dit qu'il cherchait une autre phrase. Il était si loin des mots. Il l'avait d'ailleurs dit :

Je suis si loin des mots aujourd'hui. Si loin des souvenirs.

 

C'est sans doute à cause de ma présence. Je me souviens qu'on parlait peu. On a toujours si peu parlé. Pourquoi les choses changeraient ?

Debroux avait essayé de justifier son angoisse.

C'est comme, avait-il dit, si les psychiatres avaient mis un point d'honneur à ce que je me souvienne, que je parle. A force horions on m'a appris l'élan du temps. Alors maintenant, chaque fois que cet élan se brise, j'ai un peu peur.

 

Moi j'ai confiance. Le déroulement de ta vie, d'ordinaire ou d'étrange, c'est quand même un déroulement.

18:19 Écrit par cbj | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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