05/04/2004

chapitre 49

Je le crois, Léo Paul Debroux n'aurait jamais cessé d'être fidèle à son deuxième entendement. C'est une façon toute singulière de voir, logée dans l'émerveillement d'avoir toujours un doute sur la facture et le sens des choses, des gens, du ciel, du temps. C'est habiter le dépourvu, c'est aussi la liberté tout à coup permise d'assister à la banqueroute des choses, à l'écroulement de la valeur du temps, au cancer de la vie, à sa fausseté tout exquise et pour la première fois perçue. Je crois que ce que Debroux voit, c'est l'erreur ostensible que Dieu et la vie se partagent.

Je crois qu'il voit bien au-delà encore, comme si la vie était déjà putride, qu'il en aille de cette putréfaction annoncée sur tous les hommes de la terre et sur l'éternité de feu ou de glace qu'on nous promet toujours. Ce que Debroux voit, c'est l'erreur tout à la fois du genre matériel et humain. Je crois que Léo Paul Debroux est dans la religion du désespoir.

19:41 Écrit par cbj | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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