30/03/2004

chapitre 34

Lou Berkeley se refuse à croire complètement à cette version médicale, … un empêchement … , elle se refuse. Elle n'en est certes pas sûre, mais elle croit se souvenir que Debroux, bien avant l'accident de ses parents, avait toujours été ainsi dans cette autre existence, là où le temps ne passait pas facilement.

Elle raconte qu'elle ne voit pas la différence radicale dans le comportement de Léo Paul Debroux avant et après l'accident des parents. Pour elle, ce garçon, c'était déjà la mort. Puis elle parle du lycée et des sociétés qui se créaient autour.

 

Elle dit :

- Quand Léo Paul Debroux se présentait quelque part, entres amis ou en ménage, il venait se faire mourir. Il avait lancé le défi à sa vie de se faire ravoir. Sa mort était du domaine du possible on aurait dit. Elle était là, déjà, dans une actualité rayonnante.

 

Elle continue :

 

Toujours très disponible dans les cas les plus sauvages du hasard, les rencontres, les pires, les assortiments de batailles, on disposait de lui comme on dispose du temps généralement, je veux dire, il vous échouait pour un moment et de façon totale. Léo Paul Debroux souffrait pareillement d'un problème d'amour et d'un problème d'amitié. C'est qu'il lui manquait toujours, disons, l'essentiel, qu'il n'était pas très à l'écoute de ses intérêts ou comme si ses intérêts en passaient fatalement par les vôtres. C'était un jeune homme terriblement acquis.

 

 

Elle dit encore de ce cœur infirme :

 

Le cœur de Debroux ne sait pas où habiter. Le cœur de Debroux est travaillé par une maladie accaparante. Le cœur de Debroux loge profondément dans un souci qui l'absorbe tout entier et qui le retranche de la surface de la vie. Le cœur de Debroux est dans une autre existence, dans une nostalgie où l'air n'est pas viable mais dont il s'est visiblement accommodé et dont il ne parvient plus à se soustraire. Ce sont des pierres. Ce sont des pierres où Debroux forment l'ensemble de ses peines. Le cœur est dans les peines. Il ne sert plus.

18:24 Écrit par cbj | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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