30/03/2004

chapitre 33

Le premier psychiatre sort un énième document de sa pochette et il dit :

 

Le fait, comme votre famille et vous-même l'attestez, que vous n'ayez jamais vu les corps de votre famille, que vous ne vous soyez jamais rendu sur le lieu de sépulture et, plus traumatisant encore, qu'on n'ait jamais retrouvé la trace de votre jeune frère, ni dans l'épave de la voiture, ni autour, voilà autant d'éléments qui vous ont fait préférer, à tout travail de deuil, le désir de vivre en marge de l'existence.

 

 

 

 

Le premier psychiatre y va de son verdict et dit :

 

Les jours qui ont suivi le drame, vous n'avez pas su les appréhender autrement qu'en vous réfugiant dans les profondeurs de la vie, dans ses lenteurs, à l'ombre tour à tour des plus taillantes meurtrissures et des plus minimes déboires de l'existence. Vous avez mis tout votre soin dans cette dispense à souffrir. Du dehors rien plus ne pouvait venir que le passage, rapide ou lent, des nuages, l'arrivée des grands froids ou des belles saisons, le déclin d'une rose, la coloration du soleil sur votre peau, le dessèchement de votre cœur, toutes ces choses, toutes ces indifférences.

18:23 Écrit par cbj | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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