17/03/2004

chapitre 30

Un jour Debroux reçoit un courrier des armées. Il est en âge d'effectuer son service militaire. Il se rend aux convocations du bureau. On le déclare aussitôt apte comme si l'on n'avait rien su voir. Quoi voir ?

On lui demande s'il a des vœux à exprimer pour son affectation militaire. Il fait signe que non de la tête. On l'envoie à Beaumont. Presque un an. Les histoires ne durent guère.

De ses permissions Debroux ne fait rien. D'une nature bien trop distante, il ne se prête à aucune amitié. Rien. Il reste le plus clair de son temps seul dans cette base. Ses supérieurs s'inquiètent de son état de santé quand il éprouve une grande fatigue à exécuter les commandements. Il fait signe que non de la tête. Debroux n'est pas un garçon bavard. Voyant qu'on ne pourrait rien en tirer, on le libère au bout du huitième mois. Debroux retourne loger chez sa grand-mère.

C'est là que sa famille se persuade qu'il est gravement atteint, cliniquement atteint, qu'il faut tenter quelque chose. Pour rendre sa vie viable on lui fait plusieurs propositions. Elles sont toutes alléchantes. Aucune ne l'enchante. Il dit qu'il ne veut rien. Rien du tout. Juste rien. Il demande qu'on respecte son choix, que c'est un choix, même différent, cela reste un choix. Sa famille lui répond que ce n'est pas un choix objectivement respectable. Elle décide d'interner Debroux dans une clinique réputée qui soigne bien, dit-on, ce genre de cas.


19:46 Écrit par cbj | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.