17/03/2004

chapitre 26

Je reviens au moment où la jeune fille de l'agence s'en va. J'essaie de savoir à quel moment la vie de Léo Paul Debroux se trompe. A quel moment. On dirait que c'est si loin. J'essaie de voir les yeux. Le désir passe ? Je crois que le désir passe. Même subrepticement, il passe.

Dire ceci encore : la jeune fille n'aurait pas été exactement sûre de la nature du regard de Debroux sur son départ à elle. Elle voit bien une insistance dans les yeux, mais quoi ? Les yeux forceraient-ils si peu ? Elle, elle aurait interprété l'insistance du regard comme un empêchement à bien voir. Et je le crois. Léo Paul Debroux n'aurait pas compris la tournure de la vie. Ni à ce moment, ni à jamais. Et s'il force les yeux pour les river sur la jeune fille qui le quitte, c'est pour essayer de comprendre ce que c'est de partir pour toujours.

Elle part ? Elle part. Elle me quitte donc ce soir ? Je suis quitté. C'est quoi être avec quelqu'un ? C'est quoi rester ? Je vois quelqu'un partir? Je vois, en clair, quelqu'un, partir. Pourtant rien n'est sûr. Si la vie était ailleurs que sous ce ciel d'étoiles. Je crois que la vie est ailleurs. Quoi ? Ne me demandez pas ; j'ai oublié un souvenir.


19:38 Écrit par cbj | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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