13/03/2004

chapitre 17

Beaucoup récusent l'idée qu'une dépression ait mis en échec la vie de Léo Paul Debroux. Son amie d'enfance, Lou Berkeley, fait partie de ces gens là. Lou Berkeley, d'aussi loin qu'elle se souvienne, n'a jamais trouvé la vie de Debroux très efficiente.

A l'école, je n'ai pas de souvenir. Des récréations, je n'ai pas de souvenir. Aucun souvenir. Dans le jardin de la grand-mère où l'on était censé jouer, on ne jouait pas, on regardait les heures venir puis le soir était là, sans que ce soit vraiment les heures, sans que ce soit vraiment le soir. Je ne me rappelle pas Léo Paul Debroux. C'est quand j'y réfléchis que j'en conviens malgré tout, de ce nom, ce visage, cet accroc sur la toile. Sinon, le reste du temps, je n'arrive pas à me persuader qu'il s'agit d'une vie. J'oublie jusqu'à la voix. Je n'ai pas fait entrer Debroux dans ma mémoire. Je n'ai pas vécu cette enfance.


19:23 Écrit par cbj | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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